Rechercher dans ce blog
Nouveaux articles
Si vous souhaitez être informé des nouvelles publications d'articles sur le blog, expédiez votre ADRESSE EMAIL avec la mention NOUVEL ARTICLE à :
alloue.blog@orange.fr
CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGRANDIR - CLICK ON THE PICTURE TO ENLARGE IT.
EN DESSOUS DU DERNIER ARTICLE DE CETTE PAGE : CLIQUEZ SUR LA MENTION "ARTICLES PLUS ANCIENS" POUR ALLER A LA PAGE SUIVANTE OU CLIQUEZ SUR ACCUEIL POUR REVENIR A LA PREMIERE PAGE.
Je tiens à remercier ici ceux des habitants d'ALLOUE et de CHARENTE qui ont accepté de m'aider dans mes recherches. YM
21 septembre 2019
SAINT-GERMAIN-DE-CONFOLENS - L'ISSOIRE
SAINT-GERMAIN-DE-CONFOLENS
-----
L'ISSOIRE
« Du haut des tours, l'oeil plonge sur la large et riante vallée de la Vienne et la gorge profonde où l'Issoire, venue des montagnes de Blond, se tord en brusques méandres au pied des roches formidables comme rougies par un incendie.
« Cette gorge, si terrible, vue des hauteurs, est malheureusement presque inaccessible aux visiteurs. Aucun sentier ne borde la rivière; le flot baigne la base des roches abruptes où l'on ne peut trouver à poser le pied. Quand on aura rendu, l'accès plus facile, les touristes se presseront dans ces défilés. » (ArdouinDumazet.)
Photos : YM : 1974 - 2014
Texte : L. , instituteur à CONFOLENS
Source : Etudes locales - Bulletin de la Société charentaise des études locales.
SAINT-GERMAIN-DE-CONFOLENS :
Libellés :
Saint-Germain de Confolens
19 septembre 2019
ALLOUE - VOYAGE EN FRANCE
PUBLICATION DU 17 JUIN 2014
ALLOUE
La CHARENTE, en amont de BENEST, roule ses eaux profondes,
d’un bleu sombre, au fond d’un vallon dont les collines sont parfois à pic.
Dans cette étroite fissure est le bourg d’ALLOUE, centre le plus peuplé de la
haute vallée. A l’entrée, vers CONFOLENS, une ferme a conservé la tourelle et
la porte crénelée d’un château*. La rue principale est large, bordée d’auberges
et de cafés. L’église est un petit bijou de l’époque romane ; elle est,
sur la marge du Limousin, comme l’avant-garde des admirables édifices romans
qui couvrent l’Angoumois. Le Portail, d’un cintre très pur, rompt avec
l’austère simplicité des temples des environs d’ANGOULEME et de BLANZAC. C’est
une profusion de sculptures d’un goût peut-être un peu maniéré, si on les
compare aux détails si sobres des grandes lignes architectoniques. Cependant,
l’ensemble est charmant.
ALLOUE dépassé, on traverse, jusqu'à l’humble ruisseau du
Trançon, des campagnes couvertes de prairies et de terres labourées ; au
sommet des coteaux des châtaigniers forment de beaux groupes, mais à peine le
ruisseau franchi, on pénètre sur un plateau fortement ondulé, couvert de
bruyères, d’ajoncs et de genêts ; dans les creux dorment de petis étangs...
Victor-Eugène Ardouin-Dumazet, est un journaliste français,
né le 12 janvier 1852 et décédé en 1940. Rédacteur d’un tour de FRANCE en 70
volumes, dont un, le volume 15 :
« Centre Ouest – CHARENTES – plaines POITEVINE », comporte un
chapitre consacré au CONFOLENTAIS et une page sur ALLOUE, qu'il visite en septembre
1898. C’est l’extrait consacré à ALLOUE, de son livre de 380 pages, "Voyage en France",qui est
retranscrit ci-dessous.
| Le Confolentais - Voyage en France vol 15 |
ARDOUIN-DUMAZET
VOYAGE EN FRANCE
SEPTEMBRE 1898
ALLOUE
La CHARENTE, en amont de BENEST, roule ses eaux profondes,
d’un bleu sombre, au fond d’un vallon dont les collines sont parfois à pic.
Dans cette étroite fissure est le bourg d’ALLOUE, centre le plus peuplé de la
haute vallée. A l’entrée, vers CONFOLENS, une ferme a conservé la tourelle et
la porte crénelée d’un château*. La rue principale est large, bordée d’auberges
et de cafés. L’église est un petit bijou de l’époque romane ; elle est,
sur la marge du Limousin, comme l’avant-garde des admirables édifices romans
qui couvrent l’Angoumois. Le Portail, d’un cintre très pur, rompt avec
l’austère simplicité des temples des environs d’ANGOULEME et de BLANZAC. C’est
une profusion de sculptures d’un goût peut-être un peu maniéré, si on les
compare aux détails si sobres des grandes lignes architectoniques. Cependant,
l’ensemble est charmant.
ALLOUE dépassé, on traverse, jusqu'à l’humble ruisseau du
Trançon, des campagnes couvertes de prairies et de terres labourées ; au
sommet des coteaux des châtaigniers forment de beaux groupes, mais à peine le
ruisseau franchi, on pénètre sur un plateau fortement ondulé, couvert de
bruyères, d’ajoncs et de genêts ; dans les creux dorment de petis étangs...
*La ferme dont nous parle Ardouin-Dumazet, est le château de
l’Age.
Voyage en France d'Ardouin-Dumazet : collection privée
CPA : collection privée
Libellés :
Alloue - Alloue autrefois,
Alloue - L'Age,
Alloue - l'église
ALLOUE - VUES DU CLOCHER DE L'EGLISE D'ALLOUE
PUBLICATION DU 14 MARS 2014
VUES DU CLOCHER DE L'EGLISE
NOTRE-DAME D'ALLOUE
-----
1959/1960 et 7 avril 2007
Voici publiés quatre clichés photographiques, deux situés entre 1959 et 1960, les deux autres du 7 avril 2007. Ces quatre photos ont été prises du haut du clocher de Notre-Dame D'ALLOUE.
Sur cette photo ( 1959/1960 ) prise en direction de la mairie, on distingue au premier plan le toit et la cheminée du prieuré, à droite des arbres plantés devant la grande maison "MERCIER", sur la place, les anciennes halles, l'hôtel des 3 Piliers et au dernier plan de l'image, la mairie
Le cadrage de cette photo de 2007, varie légèrement de la première. On distingue sur celle-ci, le carrefour de la route d'EPENEDE avec en angle la maison "POIRIER" qui en 1960 était une épicerie. Les arbres devant la maison "MERCIER" ont disparus et son remplacés par les toilettes publiques et la cabine téléphonique. Sur la place, les halles, elles aussi, ont disparus.
Ce troisième plan de 2007 nous donne une vue d'ensemble du point de vue du clocher sur la route d'EPENEDE. Au premier plan, la maison "POIRIER", à gauche la maison "MERCIER" ; en parallèle de la maison "POIRIER", on distingue le carrefour de la route d'EPENEDE et de La Vieille Rue.
Ce dernier cliché de 1960 est un point de vue du clocher de la route de CONFOLENS. Sur cette photo les peupliers n'ont pas encore été plantés dans le champ du milieu à droite.
Photos de 1959/1960 : collection Claude GUYOT
Photos du 7 avril 2007 : collection Camille et Michel SENNAVOINE
Remerciements à Claude GUYOT et à Camille et Michel SENNAVOINE.
![]() |
| CPA - ALLOUE |
Libellés :
Alloue - l'église,
Alloue - Le Bourg,
Alloue - Vues aériennes
OH ! QU'ELLE EST BELLE MA CHARENTE
PUBLICATION DU 9 MARS 2014
OH ! QU'ELLE EST BELLE MA CHARENTE
On a bien chanté les bruyères corréziennes, les landes bretonnes, le soleil de Provence,
Moi je veux chanter pour ma verte campagne, pour ce beau pays, pour ce beau pays de France...
Oh! qu'elle est belle ma Charente, c'est un coin de paradis,
Souvenirs de mon enfance, des amours et des amis, joli temps de l'insouciance, et avec elle j'ai grandit,
Oh ! qu'elle est belle ma Charente, je l'aimerais jusqu'au bout de ma vie.
Qu'elle soit Limousine ou même Saintongeaise, et de Confolens, d'Angoulême ou Salles d'Angles,
Comme on dit chez nous, on est tous bien benaise, un peu différents, mais tous si bien ensemble,
Oh qu'elle est belle ma Charente, elle sait bien nous retenir, quand y vient en vacances, on ne veut plus repartir,
On dit mais c'est une légende, qu'elle est bien lente à s'offrir,
Oh ! qu'elle est belle ma Charente, et si tu l'aimes elle te fera plaisir
Quand vient le printemps, les prairies sont plus vertes, On entend dans le bois, chanter le coucou,
Le petit ruisseau de sa fraîcheur fait naître,
Des milliers de fleurs, et ça sent bon partout...
Oh ! qu'elle est belle ma Charente, Quand je reviens au pays, C'est sa douceur qui m'enchante,
Loin des grandes villes et du bruit, Comme une amie qui s'absente, Et pour trop longtemps partie,
Oh ! tu me manques ma Charente, Je pense à toi quand je suis loin d'ici.
La fin de l'été, c'est le temps des vendanges,
Les raisins se dorent sur le flanc des coteaux, On y fait la fête, on y chante, on y danse,
Avec un cognac, un p'tit verre de pineau...
Oh ! qu'elle est belle ma Charente, Elle coule paisiblement,
Avec tous ses beaux méandres, On dit qu'elle prend bien son temps, Le ciel aux couleurs si tendres, Lui fait des reflets changeants,
Oh ! qu'elle est belle ma Charente, Quand elle se donne au grand océan
Libellés :
Oh qu'elle est belle ma Charente
ALLOUE EN 1914
Publication du 20 février 2014
Les lignes qui vont suivre ne sont qu'une évocation, que j'ai voulue aussi exacte que possible des souvenirs de mon enfance.
Né à ALLOUE en 1901, j'ai été témoin des conditions de vie des gens de la campagne au cours de cette période qu'on a appelée "La Belle Epoque". J'ai lu, je ne sais où, qu'un rescapé de la période révolutionnaire avait dit : << Il n'a pas connu la joie de vivre, celui qui n'a pas vécu en France avant 1789>> . Je suis certain d'être l'interprète de tous ceux qui ont connu ce début de siècle et qui sont maintenant disparus, en écrivant aujourd'hui : il n'a pas connu la joie de vivre celui qui n'a pas vécu en FRANCE en 1914.
ALLOUE était alors une bourgade d'une certaine importance ; chef-lieu d'une commune de 1400 habitants, sur la route départementale n° 7, de CONFOLENS à RUFFEC. Située dans une vallée assez étroite, la plupart des maisons de la rue principale sont construites parallèlement au cours d'eau qui l'arrose, la CHARENTE. Les voyageurs qui y arrivent pour la première fois et de quelque côté que ce soit sont toujours surpris de ne découvrir ce petit pays qu'en apercevant la première maison.
Au milieu du bourg se trouve l' église romane construite au XIème siècle ; cette église dépendait de l'Abbaye de CHARROUX ; des moines habitaient alors la maison contigue désignée aujourd'hui "ancien Prieuré". Après la guerre de 1914, elle fut classée monument historique. Les Beaux-Arts en modifièrent l'intérieur en effaçant complètement les peintures murales et en détruisant les 24 stalles en chêne qui étaient destinées aux moines assistant aux offices. Lorsque j'étais enfant, les moines ayant depuis longtemps disparu, les hommes les occupaient de préférence dans la mesure des places disponibles, 12 de chaque côté.
Le dimanche, l'église était remplie de fidèles ; tous les paroissiens n'étaient pas à la messe, mais presque toutes les familles étaient représentées. Le curé résidant, l'abbé DUMAS qui est resté plus de quarante ans à ALLOUE, était secondé par un vicaire. Il y avait en outre un sacristain, un chantre et un bedeau. Ce dernier avait une double fonction : il avait à entretenir le jardin du presbytère et à soigner le cheval qui servait à notre vieux curé dans ses déplacements ; le dimanche, il avait à veiller à ce que la jeunesse qui assistait à la messe se tienne au moins correctement. A l'occasion des grandes fêtes, il y avait la grande foule et de belles cérémonies, les jeunes filles sous la direction de Mademoiselle Marie-Louise MERCIER, excellente musicienne, constituaient une chorale à laquelle j'ai moi-même participé en certaines occasions.
Lorsque Jules FERRY institua l'instruction obligatoire, il fallut construire une école. Si nous devons manifester notre reconnaissance à celui qui fût un des grands et honnêtes hommes de la IIIème République, nous pouvons aussi la manifester à ceux qui firent construire cette école. L'emplacement choisi le fut avec beaucoup de discernement ; elle est aujourd'hui un monument imposant qui honore la commune. Comme toutes les constructions de l'époque, elle se compose d'un bâtiment central dans lequel se trouvent le logement des instituteurs et la Mairie. De chaque côté sont accolées deux ailes moins élevées, destinées à recevoir les écoliers, les garçons d'un côté, les filles de l'autre. Il y a deux classes par bâtiment, les enfants étant classés en catégories, les grands et les petits. Il y avait environ 35 élèves par classes, aussi la discipline était de rigueur. Cependant nos maîtres étaient aimés et respectés, car nous comprenions bien que le travail qu'ils faisaient n'était pas de tout repos et que leur dévouement était encore plus grand que leur sévérité.
Après une courte dissertation, nous avions un cours d'instruction civique le lundi et le vendredi ; le mardi, le mercredi et le samedi problèmes d'arithmétique. A 10 heures, récréation d'un quart d'heure, puis rentrée à nouveau pour réciter nos leçons d'histoire ou de géographie, ou exercice d'écriture et quelquefois de dessin. A midi, ceux qui n'étaient pas punis au pain sec, partaient déjeuner et revenaient à 1 heure. Il y avait alors soit une dictée, soit un exercice de composition française ; après un quart d'heure de récréation, nous reprenions nos places : lecture ou calcul mental terminaient la journée scolaire. En dehors des deux quarts d'heure de récréation, il nous fallait travailler sans relâche et personne n'aurait osé protester ; les instituteurs avaient la confiance et le soutien des parents et le surmenage scolaire dont on nous rebat les oreilles aujourd'hui n'aurait été admis ni par les uns, ni par les autres.
Il y avait aussi un Notaire, Maître BACHELLERIE, qui habitait sur la place. A cette époque les Français étaient rigoureusement libres de vendre ou d'acheter, le seul intermédiaire entre le vendeur et l'acheteur était le notaire dont la présence était indispensable, étant seul habilité pour dresser les actes. Les organismes parasitaires qui pullulent aujourd'hui étaient complètement ignorés. Le vendeur se rendait chez le Notaire pour l'informer de son intention de vendre, le public en était avisé par voie d'affiches sur lesquelles étaient indiquées tous les renseignements pouvant intéresser les acheteurs éventuels, nature des éléments à vendre, immeuble, terrains, prairies ou terres labourables et leur contenance, et bien entendu, la mise à prix. Tout se passait le plus honnêtement du monde et je n'ai aucun souvenir qu'il y ait eu discussion après accord définitif entre les deux parties. Le Notaire avait aussi un second rôle, il conseillait et facilitait les prêts ou emprunts à condition que les clients intéressés soient sérieux, honnêtes et solvables.
Il y avait à ALLOUE, 5 épiciers, 2 cordonniers, 2 sabotiers, 2 tailleurs, 1 coiffeur chapelier, 2 charpentiers, 3 menuisiers, 3 maréchaux-ferrants, plusieurs maçons. Ces derniers qui éprouvaient l'hiver des difficultés pour travailler, devaient compenser la perte prévisionnelle qui pouvait s'ensuivre en faisant l'été des journées aussi longues que le jour le permettait.
Il y avait en outre, 3 magasins de tissus et de "nouveautés" ; l'un d'eux, de peu d'importance, était tenu par mes parents, ce qui permettait à ma mère qui était couturière, de vendre le tissu qu'elle devait ensuite transformer en tabliers ou en chemises. Le plus important était tenu par les BRENICHOT qui habitaient la maison où vient de s'installer un plombier. Ces BRENICHOT, 2 frères et 2 soeurs célibataires, étaient riches, étant d'autre part propriétaires de deux fermes, VERRINE et l'AGE-DIOT. Les deux soeurs travaillaient sans relâche comme couturières elles ne sortaient jamais, étaient d'une avarice sordide. Quant aux deux frères, l'aîné s'occupait du jardin, mais lui-même ne fréquentait personne. Seul, le plus jeune "Monsieur LOUIS" était un bon vivant et vivait comme un prince, se bornant à visiter ses métayers. Il y avait donc le 3ème magasin de tissu tenu par un autre frère et qui était situé où se trouve l'ancienne boucherie POUVREAU. Un autre frère, le 6ème, tenait le café qui appartint plus tard à MOREAU.
Les BRENICHOT étaient nombreux, deux frères, cousins des précédents et grand-père et oncle de mes excellents amis, Pierre et Marc BRANCHE, étaient charrons. Ces deux vieillards, véritables artistes, nous émerveillaient par leur habileté et leur résistance au travail ; quel que soit l'outil qu'ils aient en main, lourd comme le marteau du forgeron ou léger comme la plane*, ils savaient s'en servir avec une précision et une dextérité remarquables. Nous aimions surtout les regarder lorsqu'ils se préparaient à ferrer des roues de charette. Ce travail consistait à faire chauffer pendant plusieurs heures les ferrures, c'est à-dire d'énormes cercles de fer pour les dilater, car ayant le même diamètre que les roues dont les éléments avaient été assemblés, il était indispensable que ces cercles gagnent un centimètre ou deux pour entourer les roues. Cette opération réalisée, ils arrosaient abondamment pour obtenir un tel resserrement des cercles surchauffés que même à l'usage aucune disjointure ne se produisait.
LE 17 AVRIL 1985
Emile VILDARD
ALLOUE EN 1914
Première partie
Monsieur Emile VILDARD, est né à ALLOUE, le 19 décembre 1901, Il a passé son enfance et son adolescence dans la commune. Rentré dans la vie active, il s'installe à POITIERS et exerce une activité professionnelle de voyageur de commerce. A la fin de sa vie, il réside à nouveau à ALLOUE, à l'ancienne poste dans un premier temps et ensuite dans un appartement des écoles d'ALLOUE. Il est décédé le 4 mai 2000 à l'âge de 99 ans à CAEN.
Ce sont ses mémoires de jeunesse de 1914, qu'il nous conte ....
-----
![]() |
| ALLOUE |
Né à ALLOUE en 1901, j'ai été témoin des conditions de vie des gens de la campagne au cours de cette période qu'on a appelée "La Belle Epoque". J'ai lu, je ne sais où, qu'un rescapé de la période révolutionnaire avait dit : << Il n'a pas connu la joie de vivre, celui qui n'a pas vécu en France avant 1789>> . Je suis certain d'être l'interprète de tous ceux qui ont connu ce début de siècle et qui sont maintenant disparus, en écrivant aujourd'hui : il n'a pas connu la joie de vivre celui qui n'a pas vécu en FRANCE en 1914.
![]() |
| ALLOUE - La rue principale |
![]() |
| Portail de l'église Notre Dame d'ALLOUE |
![]() |
| L'intérieur de léglise |
Le dimanche, l'église était remplie de fidèles ; tous les paroissiens n'étaient pas à la messe, mais presque toutes les familles étaient représentées. Le curé résidant, l'abbé DUMAS qui est resté plus de quarante ans à ALLOUE, était secondé par un vicaire. Il y avait en outre un sacristain, un chantre et un bedeau. Ce dernier avait une double fonction : il avait à entretenir le jardin du presbytère et à soigner le cheval qui servait à notre vieux curé dans ses déplacements ; le dimanche, il avait à veiller à ce que la jeunesse qui assistait à la messe se tienne au moins correctement. A l'occasion des grandes fêtes, il y avait la grande foule et de belles cérémonies, les jeunes filles sous la direction de Mademoiselle Marie-Louise MERCIER, excellente musicienne, constituaient une chorale à laquelle j'ai moi-même participé en certaines occasions.
![]() |
| L'école - La Mairie |
J'ai passé l'examen du certificat d'études le 8 Juin 1914. Nous étions cinq candidats. A partir de la rentrée qui suivit les vacances de Pâques, nous allions tous cinq à l'école le jeudi pour y passer un examen simulé. Le soir du 8 Juin, à l'appel des résultats notre instituteur, Monsieur Emile MERCIER, eu la satisfaction d'entendre trois de ses élèves enlever les 3 premières places du classement ; j'étais le troisième. Cette récompense était méritée, car il nous fallait travailler sans cesse. Le matin, à 8 heures, rentrée en classe et, après avoir regagné nos places respectives, nous devions jeter un coup d'oeil sur le tableau noir où était inscrite une maxime dans le genre suivant :
Fais ce que tu dois, advienne que pourra
Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît
Le menteur est le cousin germain du voleur
La rouille use plus que le travail
et beaucoup d'autres dont l'énumération serait fastidieuse.
![]() |
| Classe de Monsieur Emile MERCIER vers 1913 |
| Documents de l'étude de Maïtre BACHELLERIE de 1922 |
![]() |
| La famille POIRIER devant la menuiserie dans la vieille rue, vers 1911 |
Il y avait à ALLOUE, 5 épiciers, 2 cordonniers, 2 sabotiers, 2 tailleurs, 1 coiffeur chapelier, 2 charpentiers, 3 menuisiers, 3 maréchaux-ferrants, plusieurs maçons. Ces derniers qui éprouvaient l'hiver des difficultés pour travailler, devaient compenser la perte prévisionnelle qui pouvait s'ensuivre en faisant l'été des journées aussi longues que le jour le permettait.
![]() |
| La chapellerie route d'Epenède |
![]() |
| Une charrette à ALLOUE avec ses roues ferrées par le charron. |
LE 17 AVRIL 1985
Emile VILDARD
à suivre ...
Pays/territoire :
Southern Europe
Inscription à :
Articles (Atom)
























