Rechercher dans ce blog

Nouveaux articles

Si vous souhaitez être informé des nouvelles publications d'articles sur le blog, expédiez votre ADRESSE EMAIL avec la mention NOUVEL ARTICLE à :
alloue.blog@orange.fr
CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGRANDIR - CLICK ON THE PICTURE TO ENLARGE IT.
EN DESSOUS DU DERNIER ARTICLE DE CETTE PAGE : CLIQUEZ SUR LA MENTION "ARTICLES PLUS ANCIENS" POUR ALLER A LA PAGE SUIVANTE OU CLIQUEZ SUR ACCUEIL POUR REVENIR A LA PREMIERE PAGE.


Je tiens à remercier ici ceux des habitants d'ALLOUE et de CHARENTE qui ont accepté de m'aider dans mes recherches. YM

29 juillet 2017

LES CONSCRITS ET LA TRADITION

Publication du 5 mars 2015






LES CONSCRITS
ET LA TRADITION



Conscrit, est le mot qui qualifie toutes les personnes (hommes et femmes), nées dans une même année ; les conscrits sont des jeunes hommes, réquisitionnés pour le service militaire obligatoire, appelés tous ensemble sous les drapeaux pour y faire leurs classes, l’âge de vingt ans est l’année de référence pour la "classe", en l’occurrence nos conscrits d’ALLOUE, de l’année 1958, sont tous de l’année de naissance 1938, et ceux de HIESSE de 1903.

Chaque jeune homme, une fois recensé dans sa commune ; la préfecture du département, effectue un recensement général, pour organiser le conseil de révision, dont la date est fixée par une loi.
La tenue du conseil de révision a lieu dans la mairie du chef-lieu de canton ; pour nos conscrits d’ALLOUE : CHAMPAGNE-MOUTON.

 C’est un événement important pour la vie des villages de tout le canton et dans la vie de tous les jeunes, convoqués à la sélection.

Le conseil de révision comprend :

  • le Préfet ou l’un de ses représentants
  • des représentants du conseil général
  • un officier Supérieur
  • un sous-intendant 
  • le commandant du bureau de recrutement
  • un médecin militaire

Le conseil de révision se déroule encadré par la gendarmerie locale et en présence des maires des communes du canton, mais sans aucun pouvoir de décision sur l’aptitude ou non des candidats au "Service Militaire".

Les jeunes recensés sont convoqués au conseil de révision à l’âge de 18 ans et doivent se présenter  au minimum 10 minutes avant l’heure de la convocation. 

C’est généralement à pied et en cortège, avec clairon, tambour et drapeau, que les jeunes des communes du canton gagnent le chef-lieu. 

Le conseil de révision se déroule ensuite par ordre d’enregistrement du tableau de recensement, les jeunes défilent un à un dans le plus simple appareil, devant les représentants du conseil ; on écoute leurs observations et répond à leurs interrogations. Contemplés dans les moindres détails, pesés, mesurés sous la toise ( 1,54m obligatoire), vérifié la denture, la vue, les infirmités ; tous attendent avec anxiété le verdict : <<bon pour le service>>, ou pour les plus malchanceux <<inapte au service>>.

A la sortie, les jeunes conscrits, "bons"  pour le service, peuvent se procurer,  vendus par des colporteurs : une cocarde tricolore, un ruban ou un chapeau, qu’ils  arborent avec fierté. Pour ceux déclarés inaptes, ce sont les quolibets qui les attendent sur le parvis de la mairie.
<<Bon pour le service>>, mais aussi, disait-on <<bon pour les filles>> ; et sur le retour, les plus hardis, cognent aux portes des filles à mariées et les plaisanteries (parfois pas toujours galantes) mais de circonstances, des jeunes soupirants, font sourirent les jeunes filles sur le pas de leur porte.

Jusqu’en 1946, date le leur fermeture, d’autres, discrètement, quittent le groupe, pour rejoindre le lieu baptisé par nos Alliés,  Américains et Anglais <<the house of the rising sun*>> pour y gouter le fruit défendu.

Au village, on attend avec impatience le retour de ses gaillards et le résultat de l’aptitude de sa progéniture. Mais, nos conscrits sont déjà, en proximité de la salle du conseil de révision, dans le premier bistrot du chef-lieu de canton, où certains vont y prendre leur première cuite. De retour au bourg du village, clopin-clopant, en fanfare, drapeau tricolore en tête ; photos-souvenirs et festivités  s’organisent ;  bal et repas des conscrits, inaugurent  les trois ou quatre jours à baguenauder,  accompagnés des filles de leur âge, dans le bourg et les hameaux où sont attendus nos héros,  invités à de nombreux repas chez l’un puis, chez l’autre**. Tard dans la nuit, la cocarde de travers, chacun regagne son lit à rouleau, certains se satisfont d’un buisson pour se requinquer pour la journée du lendemain.


Balle des conscrits de la "classe" 1932 -
ALLOUE - Salle TRILLAUD

Les mois suivants, on attend avec impatience et anxiété, son affectation pour le régiment, départ d’une nouvelle vie pour tous ces jeunes <<bons pour le service>>.

Le 9 Juillet 1965,  loi Messmer : le service n'est plus « militaire », mais « national ». Les conseils de révision sont remplacés par les centres de sélection et les fameux « trois jours » à l’issue desquels sont déclarés <<bons pour le service>> ou <<inaptes>> les conscrits de l’année. 

Les festivités des conscrits se prolongeront, plus ou moins, dans les communes, jusqu’à la fin des années 70. 

A ALLOUE, c’est en 1974, que la dernière "classe" fêtera la conscription. En 2001, la fin du "Service Militaire obligatoire" est effective, suite à la décision de Jacques Chirac, de professionnaliser les armées.






-----



* Maison close.
** Au XIXème siècle, on effectuait son année de conscrit, chaque occasion de réunir les gars de l’année était bonne : au premier de l’an, de porte en porte, les conscrits souhaitaient les vœux et repartaient avec quelques pièces après avoir goûté la gnôle ou le pineau maison ; quand la famille d’un conscrit tuait le cochon, ceux de "la classe" étaient conviés à déguster le boudin, ainsi, à toutes les fêtes nationales ou locales de l’année, le conscrit trouvait son compte.


-----------------



Remerciements à : Jean-Claude GUYOT, Jacques THIAUDIERE.
CPA : collection privée
Bal des conscrits de 1932 : collection, Jean-Claude GUYOT








28 juillet 2017

SAINT-GERMAIN-DE-CONFOLENS - LE CHATEAU

Publication du 20 mars 2015







SAINT-GERMAIN-DE-CONFOLENS

-----

LE CHATEAU 









A quelques mètres de l'église se dressent les ruines du château de Saint-Germain, élevé sur la partie la plus étendue de la colline. C'est, nous dit, l'abbé Michon, « la ruine la plus majestueuse et la plus pittoresque de tout l'Angoumois. Tout ce que l'imagination se représente en ce genre de fantastique et de grandiose s'y trouve réuni ». Il nous la décrit en ces quelques lignes : 
« Le corps principal, flanqué de deux énormes tours, s'élève au couchant et domine la vallée de la Vienne ; au levant est une autre tour dont il ne reste que le pied. »


« L'architecture de ce château est fort remarquable; tout y est sévère, mais d'une parfaite harmonie. Dans l'épaisseur des murs de chaque tour on a ménagé de petits boudoirs à voûtes ogivées qui rappellent ceux de la tour ronde du château d'Angoulême. Les deux tours ont des basses fosses, ainsi que celle du levant. Cette belle construction est aujourd'hui complètement abandonnée; la main de l'homme enlève de temps en temps les pierres de taille qui encadrent les fenêtres et les portes. Le vieux édifice reste encore avec ses moellons noyés dans le ciment. »

M. Ardouin-Dumazet préfère, dit-il, les ruines de Pranzac à celles de Saint-Germain ; cependant il nous donne de celles-ci une jolie description qui mérite d'être citée :

« Saint-Germain a pour lui la massivité de ses tours. Leur élévation prodigieuse, la situation sur un promontoire de granit avancé entre l'Issoire et la Vienne donnent un caractère imposant. Le site doit à ces restes féodaux une partie de sa magistrale beauté.»





Les ruines crevassées, éventrées, rongées par le vent du nord, montrent cependant encore une coquetterie. A toutes les fentes des murailles, entre les pierres de granit, des touffes d' oeillets sauvages se balancent au vent.

« En guise de créneaux, les tours découronnées un diadème de ces éclatantes fleurettes. Charmant est ce contraste de la ruine formidable et de sa fraîche parure. »

Aucun de ces deux auteurs ne parle d'une particularité assez intéressante que présentent ces tours : rondes à l'extérieur, elles sont carrées à l'intérieur.

Au premier abord, leur allure massive donne l'impression que l'on se trouve en présence d'un château féodal démantelé à la suite d'un rude siège ou lors de la Révolution.

On ignore quelle famille a construit et plus tard restauré ce château. Elevé sur l'emplacement des ruines du castel de Savenne démantelé par les Sarrazins, il était, grâce à son admirable situation sur un rocher presque encerclé par deux rivières, un véritable château fort. Il n'en subsiste plus que la petite tour complètement en ruines et donnant sur l'Issoire. Martin Buchey nous dit qu'il fut détruit par un incendie vers 1350. Il est regrettable qu'il ne nous indique pas d'où il tient ce renseignement.

Beaucoup d'historiens s'accordent à 'dire que le château dont dépendent les ruines actuelles date du XV° siècle.

Ayant dû être sérieusement endommagé pendant la guerre de cent ans, il fut restauré presque entièrement, ou réédifié sur les restes du précédent à la fin du règne de Charles VII.

Après les guerres de religion, de nouveaux travaux y furent faits, sans doute pour augmenter sa valeur défensive.



D'Aubigné signalait en effet, à l'époque des guerres de religion, que les fortifications du château n'étaient pas modernes ».

Sous Louis XIII, le château fui profondément transformé. Il dut perdre son caractère de forteresse. Les tours surmontées d'un comble élégant se terminaient soit par une immense flèche, soit par une gerbe en fer portant une énorme fleur de lys. Vers la fin du siècle dernier, un habitant du bourg, M. Avril, possédait encore un de ces ornements de ferronnerie.


 à suivre ... Saint-Germain-De-Confolens ... l'ISSOIRE



























Photos : YM 
Texte : L. , instituteur à CONFOLENS
Source : Etudes locales - Bulletin de la Société charentaise des études locales.








SAINT-GERMAIN-DE-CONFOLENS :

25 juillet 2017

ALLOUE AUTREFOIS - LE PETIT THEATRE D'ALLOUE

Publication du 25 juin 2015





La maison "MERCIER"



LE PETIT THEATRE 
D'ALLOUE




Dans les années 1930, à ALLOUE, la télé n’existe pas et les distractions sont rares. 


Il y a bien le petit bal d’ALLOUE, au Café de la Poste, où les dimanches après-midi, "DJMarie-Louise, la fille de la maison, actionne la manivelle du phonographe et diffuse les airs à la mode du moment, sur lesquels, les sabots des danseurs de "Bourrée" fracassent le parquet de l’établissement ; mais un autre dérivatif, plus culturel et tout aussi populaire, a ses adeptes et ceci bien avant qu’ALLOUE lui soit associé, par le biais tout d’abord de Maria CASARES et, ensuite de "La Maison du Comédien", installée dans son ancienne demeure du Manoir de La Vergne, il s’agit bien entendu du "Petit Théâtre d’ALLOUE"
Cette troupe d’amateurs a été créée par Melle MERCIER, la fille de Mr Emile MERCIER l’instituteur d’ALLOUE. Melle MERCIER s’occupe également à la même époque de la Chorale et en est la chef de chœur.

Comme on le voit, ALLOUE est bien plus animé qu’il ne paraît ; les répétitions de la Chorale ont lieu dans la nef de l’église et en face, à droite, à l’angle de la route d’EPENEDE et de la Vieille Rue (Maison aujourd’hui détruite) la Lyre d’ALLOUE fondée par André POIRIER (père de Michel POIRIER) répète au 1er étage, et sur le trottoir d’en face, dans la grande " maison MERCIER ", nos talentueux acteurs se donnent la réplique en avant-première de leurs représentations, pour lesquelles les trois coups sont donnés, sur la scène installée dans la cour de la " maison MERCIER ".









Troupe de Théâtre d'Alloue vers 1930 (1)

On reconnaît :
(sous réserve)

1- Robert Morisset - 2 - Louis Morisset - 5 - Guite ou Jeanne Joubert
7 - Lucienne Diot - 


 Toutes informations concernant ce document seront les bienvenus :










Troupe de Théâtre d'Alloue vers 1930 (2)

On reconnaît :
(sous réserve)

1- Louis Morisset - 5 - Marie-Louise Trillaud - 7 -  Robert Morisset
11 - Gustave Joubert - 14 - Henri Martin -


 Toutes informations concernant ce document seront les bienvenus :




Carte postale photo 1 : collection Yvette SOULAT
Carte postale photo 2 : collection Jean-Claude GUYOT
CPA : collection privée
Photo : YM

Remerciements à Yvette Soulat et à Jean-Claude GUYOT







17 juillet 2017

L'OUILLETTE - PETITE HISTOIRE D'UN PARISIEN EN CHARENTE

Publication du 20 février 2014





PETITE HISTOIRE D'UN PARISIEN EN CHARENTE

"L'OUILLETTE"


     C'était au début du printemps et au sortir d'un d'hiver assez rude à ALLOUE, il m'était impossible de relancer la pompe de mon puits, coupée pendant cette période hivernale. J'interroge l'un de mes amis charentais de la commune voisine de PLEUVILLE qui me répond sans attendre : << Olé pas bun méchant, y met mou bots et y'arrive >>. Ce qui fut dit, fut fait, une vingtaine de minutes après j'entends une voix qui m'interpelle du bas de l'escalier : << vé qui ? ...o la persoune ? ... vé qui ? - oui monte , je suis en haut >>. Arrivé sur le palier, celui-ci ne manqua pas de sentir l'odeur qui émane de la cuisine << qui que fait, drôlesse ? ou senti bon ! ... des mojhettes piates ? >> dit-il en s'adressant à ma compagne, qui a de bonnes bases de patois << oui, tu as un bon na, Robert, ... avec d'la couenne  -  doumage que yé mangea le miget, y'en auri bun mangea une p'tite goulée >> dit Robert, j'interroge : <<comment vas-tu Robert ? la forme ? -  tou chap'ti, yé mô à mon échine mais ou s'remétro bun tout seul à l'endret - as-tu été à la chasse ces temps-ci ? >> dit Annette << asteure y n'avi même pas tua une cagouille >> et ronchonnant un peu : << y se pas qui pour bader d'la goule, on vé pas y passa la neut >> dit-il en sortant dans le jardin pour rejoindre le puits. J'avoue que j'étais jusqu'à maintenant un peu déstabilisé par cette conversation, qui pour moi, Parisien, était du charabia, que je percevais qu'un peu, grâce au concours d'Annette. j'étais maintenant livré à moi-même avec mon Robert, qui était déjà dans la cavité où est installée la pompe. Il commence à bricoler pour trouver l'éventuelle panne, quand d'un seul coup, redressant la tête dans ma direction il me dit : << as-tu une ouillette ? - que veux-tu ?  - doune meu une ouillette >> les choses se compliquent, j'ose une nouvelle tentative, << une mouillette ?  - eco qu'tas soummeil ? ... une ouillette  !  -  attends, je reviens ... mais je ne suis pas sûr d'en avoir une !  -  coument qu'tu peux pas avouere coqui ? >> Je trouve une sortie honorable, en laissant croire à mon interlocuteur que je comprends sa demande. Je pense trouver la solution avec Annette et récupérer ensuite l'instrument de travail dans ma boîte à outils. Fier de ma stratégie , à moitié du chemin, je me retourne, et demande à Robert d'une voix forte << en dehors de la touillette, as-tu besoin d'autre chose ? >> dans un ronronnement il me répond << boune gen ! ... une ouillette ! une grande ouillette ! >>. Les choses se compliquent, voilà qu'il y en a des grandes et des petites !, je rentre dans la cuisine et interroge Annette << je ne comprends pas ce qu'il me demande, une touillette ! une mouillette ! ou une bouillette! , je ne comprends rien ! >> et Annette me répond : << ah!, une ouillette ! >> sans plus attendre, elle ouvre le tiroir, et me tend un entonnoir. Je la regarde, les yeux hagards , comme un revenant du concert de Jimi Hendrix à Woodstock.
Je m'exclame : << mais c'est un entonnoir !  -  oui, une ouillette >>, me répond Annette. Sans plus rien dire et sans grande conviction, je regagne le puits avec mon entonnoir à la main, avec la ferme intention d'arriver fièrement et dire à Robert : << voilà ton ouillette , en fait j'en avais bien une ! >> mais à peine arrivé à la hauteur du puits, Robert me dit avec un petit sourire au bord des lèvres : << tu en as bien mis du temps, avec ton entonnoir ! >> et de rajouter : << tou chap'ti tu seras bun d'cheu nous >> et moi de lui répondre fièrement une phrase que je connaissais par coeur,  que m'avait appris Raymond POIRIER, un autre ami Charentais : << qui vé tou chap'ti vé loin >> nous étions ainsi quitte. 

                    Mon intégration était en marche !

                                                                                       
                                                                                                      à suivre ...


L'OUILLETTE


- Olé pas bun méchant, y met mou bots et y'arrive - C'est pas bien méchant, je mets mes chaussures et j'arrive.
-  vé qui ? ...o la persoune ? ... vé qui ?  - tu es là ?...  il y a quelqu'un ? ... tu es là ?
qui que fait, drôlesse ? ou senti bon !... des mojhettes piates ? - Que fais-tu fille ? ça sent bon ! des haricots
oui, tu as un bon na, Robert - oui, tu as un bon nez
doumage que yé mangea le miget, y'en auri bun mangea une p'tite goulée - dommage que j'ai mangé le miget, j'en aurais bien mangé un peu.
tou chap'ti, yé mô à mon échine mais ou s'remétro bun tout seul à l'endret - tout doucement, j'ai mal à mon dos mais ça se remettra tout seul à l'endroit.
asteure y n'avi même pas tua une cagouille - à aujourd'hui je n'ai même pas tué un escargot.
y se pas qui pour bader d'la goule, on vé pas y passa la neut - je ne suis pas ici pour rien faire, on ne va pas y passer la nuit.
as-tu une ouillette ? - as-tu un entonnoir ?
doune meu une ouillette - Donne moi un entonnoir
eco qu'ta soummeil ? ... une ouillette - est-ce que tu dors ? ... un entonnoir
coument qu'tu peux pas avouere coqui ? - Comment peux-tu ne pas avoir ça.
boune gen ! ... une ouillette ! une grande ouillette ! - Bonne Gens ! ... un entonnoir ! un grand entonnoir.
tou chap'ti tu sera bun d'cheu nous - tout doucement tu deviendras de chez nous.
qui vé tou chap'ti vé loin - qui va doucement va loin.


Le MIGET : http://alloueblogspotcom.blogspot.fr/2014/02/le-miget_20.html





1 juillet 2017

ALLOUE - LE TOUR DE FRANCE A ALLOUE


Publication du 9 avril 2014



LE TOUR DE FRANCE A ALLOUE 


Depuis plusieurs mois, j'étais à la recherche de renseignements sur ce fameux passage du "TOUR de FRANCE" à ALLOUE, au début des années 70. ALLOUE semblait amnésique, toutes les questions que je posais aux uns et aux autres lorsque l'occasion se prêtait, restaient sans réponse. Un jour, de ce début d'année 2014, je me décidais à pousser mes recherches et d'utiliser mon copain "GOOGLE", pour tenter d'en savoir un peu plus . Au hasard de mes recherches, mon attention est attirée par un fait relaté sur un site spécialisé sur le "TOUR de FRANCE" "Le DICO du TOUR", qui relate le passage en 1970 de "la GRANDE BOUCLE" à RUFFEC. Sans attendre, ni une ni deux, je rédige un message, séance tenante, que j'expédie à la messagerie du "DICO du TOUR" : << pouvez-vous me dire, si au cours de cette étape, le "TOUR" est passé à ALLOUE ? >>. Je dois avouer que je n'avais guère d'illusions, quant à une réponse probable, d'expérience, malheureusement très peu de ces sites, vous accordent une attention. C'était sans compter sur l'esprit de solidarité de cette sympathique communauté du monde du cyclisme. C'est avec étonnement, que pas moins d'un quart d'heure suivant l'expédition de mon Email, la réponse tombait dans ma boîte aux lettres électronique !. Non seulement j'avais ma réponse, mais mieux encore, la réponse de mon sprinteur, Joël RAMBAULT, "Mr DICO du TOUR", champion du monde du WEB, m'apportait des données pour lesquelles je n'imaginais  pas un seul instant possible d'obtenir. Mais je sens votre impatience : "alors, raconte ce qui c'est passé" :

LIMOGES

Ma question posée au "DICO du TOUR", concernait la 21ème étape du 57ème "TOUR DE FRANCE" de 1970, au départ de RUFFEC
Cette étape, RUFFEC-TOURS, bien évidemment, ne passait pas par ALLOUE, comme me l'indiquait Mr Joël RAMBAULT. L'étape qui nous concerne est en fait la première des 23 étapes d'une distance totale de 4366 km : étape du samedi 27 juin 1970, LIMOGES -LA ROCHELLEAprès un prologue de 7,4 km à LIMOGES, remporté par Eddy MERCKX ;  à 10h50, les 150 coureurs groupés en 10 équipes, se lancent sur la vraie route du "TOUR" à LIMOGES en direction de LA ROCHELLE, pour la première étape de 224,5 km. La foule amassée sur les trottoirs de LIMOGES n'a d'yeux que pour le régional du jour, "POUPOU", Raymond POULIDOR, de SAINT-LEONARD-DE-NOBLAT, commune importante du Limousin, avec à l'époque ses 7000 habitants qui pour un grand nombre, n'aurait loupé ça sous aucun prétexte. Le long peloton étiré sur les routes de HAUTE VIENNE atteint ORADOUR-SUR-GLANE à 11h20. ORADOUR, en 1944, paisible bourgade de la campagne limousine, c'est arrêté de vivre le 10 juin, ce jour où les S.S. de la division "DAS REICH" dans un massacre inexplicable ôtèrent la vie de 647 personnes habitants ou présentent ce jour dans le village. Le "TOUR" longea le mur d'enceinte de ce bourg martyr pour traverser le nouvel ORADOUR-SUR-GLANE, reconstruit à proximité des décombres ; la caravane publicitaire avec ses haut parleurs et les klaxons des voitures suiveuses rompait le silence du recueillement qui s'imposait quelques mètres plus loin.

ORADOUR-SUR-GLANE
C'est à 11h39 et à 34,5 km du départ de LIMOGES, au lieu-dit "CARREFOUR MONTROLLET" sur la D2, que le premier boyau du "TOUR" toucha le bitume CHARENTAIS. A 11H46, SAINT-CHRISTOPHE, est la première commune de CHARENTE traversée par l'échappé qui pénètre 9 mns plus tard dans LESTERPS avec 3 mns d'avance sur le peloton. CONFOLENS, capitale de la CHARENTE-LIMOUSINE, située à 54 km du départ de LIMOGES, est rejointe par la D30 à 12h07, soit en 1 heure et 17 mn et à une vitesse moyenne de 42,6 km/h pour le coureur de tête, contre 58 km/h pour le dernier pointé à 12h22. Après avoir franchi la côte à 4° de "CHEZ NADAUD", le "TOUR" quitte CONFOLENS par la D948 pour arriver au carrefour des D948/D740 en direction de : ALLOUE/RUFFEC. Les premiers ALLOUSIENS à apercevoir l'échappé, était ceux placés dans le virage des BRECHEVAUX, tout allait très vite depuis CONFOLENS où la vitesse moyenne était en très forte progression sur ce tracé idéal pour nos routiers en quête de NOTRE-DAME D'ALLOUE. Les pédaliers des poursuivants de l'aventurier solitaire grinçaient déjà à LASFONT et la tension montait dans le bourg d'ALLOUE.

En route pour LA ROCHELLE
Au cours d'une discussion avec Raymond BEAUSSANT, ancien maire d'ALLOUE, celui-ci me confia qu'en 1970 il ne vivait pas à ALLOUE, mais qu'il était présent le jour de cette fameuse étape. Dans ses vagues souvenirs, figurait le nom d'un cycliste à consonance italienne qui aurait traversé le bourg d'ALLOUE en solitaire, et qu'une prime était offerte en haut de la côte de la METAIRIE. Ces informations que je jugeais précieuses pour mon enquête, allaient être exploitées en direction de Joël RAMBAULT du "DICO du TOUR". Joël RAMBAULT, me confirma une sortie du peloton après LIMOGES, mais ne pouvait me garantir une arrivée solitaire sur ALLOUE, n'y même l'éxistence de cette prime à la METAIRIE. La solution à mes interrogations passait par de nouvelles recherches de matériel nécessaire à mes conclusions. Sur EBAY, était en vente à un prix raisonnable, le n° du 30 juin 1970 spécial "TOUR DE FRANCE", qui relatait notre étape LIMOGES-LA ROCHELLE, dont je fis l'acquisition. Mon impatience fut en partie satisfaite, mais pas de miracle ! ; j'avais dès le début de mes investigations, tenté de trouver des photos de la GRANDE BOUCLE à ALLOUE, malheureusement toujours en vain à ce jour.


La caravane du "TOUR"
La rue EMILE BELLY, dénommée banalement à l'époque, route de CONFOLENS  dans un sens, de CHAMPAGNE-MOUTON dans l'autre ou tout simplement N740 dans les deux, c'était tôt le matin garni de spectateurs pressés de voir les baroudeurs enquiller le grand braquet depuis le virage du château de l'AGE et jusqu'au bas du sommet de la METAIRIE. Beaucoup comme Raymond BEAUSSANT, qui : << un à un, avaient quittés le pays pour s'en aller gagner leur vie >>, avaient callés leurs congés d'été en fonction de l'événement, pour être au côté de la famille restée au village ; d'autres moins chanceux , dont j'étais, pour des raisons de calendrier de vacances, le "TOUR" étant fin juin, manquaient à l'appel. Le bourg d'ALLOUE s'était enflammé, dès 10h57 très précisemment, au passage de la caravane, qui permettait à la foule mise sur le gril de ronger son frein. Musique, klaxon, haut-parleurs, confettis, bonbons, casquettes jetées à la volée, dans une ambiance de carnaval, des véhicules publicitaires multicolores, comme tous ces supporters venus des villages d'ALLOUE, des communes voisines et même de l'étranger, qui pour beaucoup, arboraient les couleurs de leurs idoles, ajoutait du piment à la fête. A 12H27, la tension montait d'un cran, quand les premiers drapeaux au cimetière, visible du centre bourg s'agitèrent, annonçant le cavalier seul,  avec son maillot bleu turquoise et blanc de l'équipe FRIMATIC, notre présumé italien, bien de chez nous, Pierre GHISELINI, Cannois, qui dans l'indifférence générale et tranquillement avait pris la poudre d'escampette dès son départ de LIMOGES, montrait enfin son cuissard à NOTRE-DAME D'ALLOUE. Pierre GHISELINI seul en tête de la course depuis 68 km transperçait la commune à une vitesse de 42 km/h avec à ses trousses 149 coureurs parmi lesquels : Eddy MERCKX, Bernard THEVENET, Roger PINGEON, Cyrille GUIMARD; Raymond POULIDOR, Jean-Marie LEBLANC, Lucien AIMAR, Lucien VAN IMPE, Eric DE VLAEMINCK, Joop ZOETEMELK et tous les autres. Une belle brochette tronçonnée en 4 : l'échappé Pierre GHISELINI, le peloton avec ses leaders à 5 minutes, un petit groupe à 10 minutes et les cagouillards retardataires dont le dernier à 21 minutes de GHISELINI,  chatouillera le macadam Allousien pendant que Jean-Michel LEULLIOT et Robert CHAPATTE, consommaient un casse-croûte sur le pouce, chez TRILLAUD et que la grande majorité des spectateurs avait déjà quitté ALLOUE ou remplissait les cafés-restaurants pour le déjeuner. La tentative de Pierre GHISELINI a pris fin à peu près à la hauteur de CHAMPAGNE-MOUTON. Une deuxième tentative resta également sur sa faim, Cyrille GUIMARD remporta le sprint de LA ROCHELLE et Eddy MERCKX endossa le maillot jaune jusqu'à PARIS.
Pierre GHISELINI

En conclusion, le "TOUR" 1970 aura duré pour ALLOUE en tout et pour tout 21 minutes, pour moi qui n'y étais pas, le retranscrire dans le réel et l'imaginaire plusieurs heures réparties sur plusieurs mois. J'espère vous avoir fait vibrer, et que Raymond BEAUSSANT pendant la lecture de ce texte rajeunira de 44 ans.

Et pourquoi pas le "TOUR" à ALLOUE en 2015 !

Eddy MERCKX


Au complet à ALLOUE


Remerciements à Joël RAMBAULT et à Raymond BEAUSSANT


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...