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Je tiens à remercier ici ceux des habitants d'ALLOUE et de CHARENTE qui ont accepté de m'aider dans mes recherches. YM

1 décembre 2016

François VINCENT - UN SAGE

Publication du 8 mai 2015





93 ans à ALLOUE !




François VINCENT
3ème partie
Un sage d'ALLOUE




Ensuite, on entamait le tour de la propriété, où François excellait à nous encenser ses plantations, non par vanité, mais par amour de cette nature qui lui était si chère ! Il faut dire que dans ce domaine, François VINCENT était un maître reconnu de tous, ses semences, ses plans et ses greffes faisaient miracle dans les jardins potagers et les vergers de nos concitoyens d’ALLOUE qui louaient ses services.

Le potager était la première ressource vitale de François VINCENT, ses légumes se retrouvaient, chaque midi et chaque soir dans l’assiette à calotte, mais, pas question de trouver dans l’assiette, des tomates toute l'année, et des fraises en janvier ; François VINCENT ne pratiquait pas la "culture" de la consommation du bocal de conserve, bio, "labellisé", de grande surface, il maîtrisait parfaitement la technique de "l’appertisation" et les périodes de disette au potager, les "bocaux maison" sortaient de la cave pour rejoindre le fourneau ; on disait à cette époque, de ces gens-là : ils consomment des "produits naturels", ils vivent de la nature.



Au jardin, François sait aussi, réserver la part belle aux plantes aromatiques et médicinales. François connaît leurs vertus culinaires, et, guérir quelques maux ou bobos, avec une plante bien appliquée, a souvent un effet plus sûr, mais c’est aussi en action de cures préventives qu’il utilise ses infusions, décoctions et macérations, qui lui évitent souvent la consultation du médecin.

Tout au long de la visite, un autre compagnon de François VINCENT, son Coq, le suivait fièrement pas à pas, histoire de nous rappeler qu’il était bien le patron de la basse-cour et qu’il avait l’agrément de son maître.

<< Toute sa vie, François VINCENT s’est adjoint un coq comme compagnon, peut-être par peur d’une panne générale des comtoises, mais je ne pense pas, qu’un seul d’entre eux soit passé à la casserole. >> - (Annette MORINAIS).

Derrière la maison, se trouvaient les rangs de vigne, un second verger et adossé à la maison, s’envolait une autre treille ; cinq ou six ruches complétaient le lieu.

Catalogue Manufrance avec les ruches
L’apiculture était une de ses passions préférées, il récoltait un miel sans pareil : 

<< Il était également apiculteur, détenant 5 ou 6 ruches et à l’époque de la récolte du miel, au mois d’août, je n’étais jamais très loin pour le goutter dans la brèche. Je crois que c’est un peu ça qui m’a donné envie d’avoir des abeilles. >> - (Jacques THIAUDIERE).

<< J’étais trop jeune pour me souvenir de François, comme mon frère aîné, qui passa des après-midi chez lui, j’aurais aimé le connaître et faire un bout de chemin ensemble. Un jour mes parents découvrent à la cave, oubliés, quelques pots de miel de François ; sur le dessus des pots, une couche épaisse, dure, fortement teintée couleur caramel, recouvre le miel liquide, après avoir mélangé cette couche au miel liquide, nous avons dégusté un miel d’une saveur unique. Depuis, ce miel est conservé religieusement, et ne sort du confiturier que les jours d’angines ou de rhumes, pour la grande satisfaction des malades de la famille >> - (Renaud SAVI). 




Ensuite, suivant les services demandés à François, un tour d’atelier s’imposait. 

<< Dans son atelier, c'était la caverne d'Alibaba, il travaillait le bois, faisait des meubles, réparait les Comtoises, les réveils. Combien d'horloge ont eu une deuxième vie en passant dans ses mains>> - (Jacques THIAUDIERE).

Une journée de travail de François, commençait tôt le matin et se terminait pas très tard dans la soirée, dans le lit à rouleau.


Le matin, l’un de ses tout premiers exercices (devrait-on dire loisir) avant d’entamer les travaux de jardinage et d’atelier, était le relevé météorologique ; la température du thermomètre enregistrée chaque jour, à la même heure, était inscrite sur un cahier.


Dans le jardin, une girouette haut perchée, indiquait inlassablement le sens des vents, qu’il notait sur son cahier en fin de journée ; bizarrement, à le regarder aujourd’hui, il me semble que ce brave homme à l’ouvrage, a quelque peu de ressemblance avec François VINCENT, qui, l’a façonné de ses mains.
La girouette de François VINCENT



Le soir, la dernière mission qu’il s’imposait, était à nouveau le relevé de la température, enregistrée elle aussi sur le cahier, avec des annotations très précises sur le déroulé des précipitations et autres données climatiques d’ensoleillement, de brouillard, de gel, neige, canicule, orage et pluie de la journée. Pendant des dizaines d’années, durant sa vie, étaient ainsi consignées toutes ces données journalières, comme une véritable station météo.

Pour tous ceux qui n’ont pas connu d’autre ère que l’ère informatique, ce qui suit, peut sembler dérisoire et un peu passéiste, mais chaque époque, vit sa révolution technologique et c’est pourtant, aux imprimeurs du XIXème que nous devons l’invention des catalogues et du concept de vente par correspondance, qui font les beaux jours d’Internet et que François, serait, j’en suis convaincu, un utilisateur éclairé. Son internet à lui, était un magazine : "LE CHASSEUR FRANCAIS" et l’entreprise "MANUFRANCE" tous deux intimement liés par un même propriétaire basé à SAINT-ETIENNE. MANUFRANCE, créée en 1885, fut la première société de vente par correspondance, spécialisée dans les fusils de chasse, et les bicyclettes de sa marque "HIRONDELLE", elle commercialisait également : des cannes à pêche, des vêtements, des outils, des horloges, des articles électroménagers, des meubles etc … En même temps, MANUFRANCE, inventait le concept de la vente par un "intermédiaire" si cher à la "grande distribution", les articles en grande majorité provenaient de fabricants périphériques , étiquetés et vendus sous la marque "MANUFRANCE" ; le mensuel "LE CHASSEUR FRANCAIS", faisait quasiment le reste à lui seul, pénétrant mensuellement dans les foyers ruraux, là où les magasins faisaient défaut, et le tour était joué ! 




L'ISETTA - Voiturette à trois roues



François a été toute sa vie un lecteur assidu du "CHASSEUR FRANCAIS" et un "aficionado" du catalogue "MANUFRANCE", chez qui il passait régulièrement commande pour satisfaire la quasi-totalité de ses besoins ménager, vestimentaire et d’outillage. 

<< Abonné au magazine "LE CHASSEUR FRANCAIS" et à "RUSTICA" depuis le premier N°, il en conservera la collection complète jusqu’à sa mort. >> - (Annette MORINAIS).

<< François VINCENT, avait fait l’acquisition d’une petite voiturette à trois roues. Sans certitude absolue, il aurait même acheté ce véhicule chez "MANUFRANCE" » en Kit >> - (Jacques THIAUDIERE).


<< Cette voiturette correspondait tout à fait à François VINCENT, pour qui le "matériel", devait être utile et agréable, elle lui permettait de faciliter ses déplacements à petite vitesse, telle une "cagouillarde" ; lui que j'ai souvent entendu déclamer ce proverbe < Mieux vaut arriver trop tard dans ce monde que trop tôt dans l'autre>. >> - (Annette MORINAIS).

<< Cette voiturette à trois roues, était une "ISETTA", véhicule insolite produit dans les années 50 >> - (Christian THIAUDIERE).

François était un parfait autodidacte, personnage atypique, il fait partie de ceux qui n’envisage pas l’acquisition de la "culture" (au sens philosophique), comme seul moyen d’un ascenseur dans la hiérarchie sociale, mais surtout et avant tout, comme un enrichissement culturel et intellectuel , indispensable à son épanouissement personnel . Il plonge ses veillées dans la lecture de livre et magazine, il se cultive dans la pratique de "ses métiers" pour en acquérir la technique, avide de conquêtes intellectuelles, il est sans cesse, jusqu’à ses derniers instants à la découverte de la vie.

François VINCENT est décédé le 2 décembre 1993, à l’âge de quatre vingt treize ans, au centre hospitalier de CONFOLENS, là où il a été transporté, ce matin où il a été découvert, par Anne-Marie CEAUX, sa petite-cousine, allongé sur la tomette de sa maison, comme pour l’embrasser avant de la quitter pour toujours. François VINCENT a ainsi rejoint le PANTHEON de la sagesse.

Oui ! C’est certainement cela, que l’on appelle un sage ! Et à y regarder de plus près, il me s’emble que dans le monde tumultueux dans lequel nous évoluons aujourd’hui, ce qui manque le plus, c’est bien la sagesse de gens comme François VINCENT.

Et puis … Quatre vingt treize ans de vie à ALLOUE, valent bien ces quelques lignes.




Yves MORINAIS
(Collectif)

                                                                                                          


                                                                                                    


Collectif :

Anne-Marie CEAUXJean-Claude GUYOTRené MARTINAnnette MORINAISAlain SAVIRenaud SAVIChristian THIAUDIERE et Jacques THIAUDIERE.








Photos : YM
Rustica, Le Chasseur Français, Jardins et Basses Cours : collection privée







François VINCENT - 93 ans à ALLOUE 1ère partie :






François VINCENT - 93 ans à ALLOUE 2ème partie :



27 novembre 2016

ALLOUE - JEU DE PISTE

Pulication du 22 juin 2015


JEU DE PISTE

à la découverte d'ALLOUE

3ème étape




Où sont tous ces personnages ?

Cliquez sur l'image 


Réponses dans le prochain épisode.




RÉPONSES DE L'ÉTAPE N° 2 :




  1. Dans la Vieille Rue
  2. Au Prieuré
  3. Au Château de Gueuche
  4. Entre le Manoir de La Vergne et le Bourg
  5. Dans la Vieille Rue (angle de la Route d'Epenede)
  6. Rue Emile Belly

25 novembre 2016

SORCELLERIE A CHAMPAGNE-MOUTON

Publication du 2 juillet 2014





L'église SAINT-MICHEL de CHAMPAGNE-MOUTON vue du village de LA RUDIE


Voilà un récit digne des westerns de mon enfance, qui sans l'intelligence de cet ouvrier et l'intervention du maire, aurait pu se terminer par un lynchage, ou une pendaison sommaire. A méditer sur la nécessité du respect du droit à la présomption d'innocence, principe selon lequel une personne est réputée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été légalement prouvée.




UN CURÉ DE CHAMPAGNE-MOUTON 
ACCUSÉ DE SORCELLERIE


Le récit suivant est authentique. Je l’ai souvent entendu raconter par ma grand-mère et par toutes les personnes de son temps qui en avaient été témoins, il était de notoriété publique.

En l'an 1838, du 7 au 22 juillet, trois ou quatre pluies de grêle détruisirent toute la récolte autour de CHAMPAGNE-MOUTON. Tout le monde, les cultivateurs surtout, étaient dans la consternation. Quelques paysans finirent par s'assembler et tenir conseil. Ils étaient persuadés qu’il y avait une cause mystérieuse, de la sorcellerie ou de la diablerie. Or, il n'y avait que le curé qui fut assez savant pour s'occuper de ces choses. Le plus intelligent de la bande déclara : « C'est le curé, je l'ai vu passer dans les nuages et je l'ai fort bien reconnu, il chassait le nuage de grêle avec son bonnet carré et il le dirigeait sur nos champs ! » Et tous de dire : « C'est un chétif (l), il faut le tuer, il faut le massacrer ! » Et les voilà qui descendent par le village LA RUDIE, situé à un kilomètre environ de CHAMPAGNE-MOUTON
Ils étaient armés de fourches et de faux, ils passent comme un ouragan, ils se précipitent dans la cour de la cure qui' n'était jamais fermée et cherchent le curé. Celui-ci, M. DEFAILLE, jouissait de l'estime publique ; pour le moment il était dans son jardin et ne se doutait de rien.' Heureusement qu'un ouvrier du bourg avait averti en hâte M. le Maire, M. de CHAMPVALLIER, qui, lui aussi, se précipita dans son jardin contigu à celui de la cure, enleva le pauvre curé en le tirant par dessus le mur de séparation et le traîna jusque dans sa maison. La bande fut obligée de se retirer. Mais M. le Maire envoya prévenir la gendarmerie de CONFOLENS, et le surlendemain les deux gendarmeries de CONFOLENS et de CHAMPAGNE-MOUTON emmenèrent les énergumènes à la prison de CONFOLENS. Les femmes suivirent jusqu'à CHAMPAGNE-MOUTON ; il y eut des cris, des pleurs, des évanouissements. Deux jours après les prisonniers furent délivrés ; on ne leur fit aucun procès. La leçon fut bonne, ils ne recommencèrent plus, mais jamais on ne put les empêcher de croire que M. DEFAME était dans les nuages avec son bonnet carré.



M. B. LARDANT
institutrice à VIEUX RUFFEC


(l) Mauvais, malhonnête



Prison de CONFOLENS en 1838, 1 rue de la FERRANDIE.




Grange du village de La Rudie datant de 1882. 




Source : Etudes locales - Bulletin de la société charentaise des études locales 1920
Photos : YM

22 novembre 2016

ALLOUE - SOUVENIRS D'ENFANCE

Publication du 6 septembre 2015




Raymond POIRIER

Raymond POIRIER, est né à ALLOUE, le 17 février 1927 dans la maison familiale de la VIEILLE RUE. Il y passe son enfance avec ses parents, Georges POIRIER et Anna (née MARCHADIER) ainsi que son frère Jean et sa sœur Marie-Claire.


Raymond POIRIER nous conte ici, la suite de ses souvenirs d’enfance et d’adolescence à "ALLOUE", là, où il a toujours plaisir à se ressourcer chaque année, au cours de séjours occasionnels et de visites à sa famille et ses amis ; délaissant quelques temps l'Ile de Beauté (où il vit aujourd’hui), pour son village natal.


Le CLOCHER de NOTRE-DAME D'ALLOUE




RAYMOND POIRIER : LE BOURG D'ALLOUE

Mes souvenirs d'enfance et jeunesse

1ère partie :

Premiers souvenirs ...



En 1927, j’ai pointé le bout de mon nez en ce monde, plus précisément à ALLOUE, dans le lit même où je m’allonge encore lors de mes séjours au pays natal.

En ce temps-là, on n’accouchait pas en clinique mais chez soi, ayant mandé médecin ou sage-femme.

1927 est donc la source du ruisselet puis rivière ou fleuve qui peut figurer le cours de ma vie. Je le vois s’étirant derrière moi avec des trajets rectilignes, des méandres et des sautes de niveau. Avec, aussi, des degrés de clarté très disparates atteignant parfois, hélas, le noir total.


Georges POIRIER
Père de Raymond
dans sa menuiserie en septembre 1930
Premiers souvenirs … quels sont-ils ? Sans doute les perceptions initiales : faim, chaud, froid, dur, doux etc. mais je ne saurais dire que j’aie vraiment de tout cela une conscience véritable. Je distingue toutefois quelques fractions du passé fourmillant de sensations visuelles, sonores, olfactives : la vie autour de moi dehors ou à la maison. Tout autre garçon de mon acabit peut, je pense, en dire autant. Dans mon cas, je vais ajouter tout ce qui émanait de la menuiserie paternelle : bruissements des outils, effluves des bois, de la colle chaude, de l’encaustique.


Dans le long courant de ce passé, certains passages à l’horizon émergent en taches diaphanes ou délavées. D’autres aussi, éloignées, surgissent encore claires et vivaces. Je m’efforce ici de dégager les tranches de vie qui constituent ce que j’appellerai "mes souvenirs d’enfance et jeunesse à ALLOUE".

ALLOUE, commune de quelques centaines d’habitants, n’offrait, sur le plan de l’histoire locale, rien de sensationnel. La population, très largement d’origine Charentaise était répartie entre les lieux-dits, fermes, demeures isolées, sur plusieurs kilomètres autour de ce que nous appelions pompeusement "le bourg", avec sa mairie, son église, son école et ses petits commerces.




ALLOUE - LE BOURG, VUE GENERALE


Le coq*
Notre porte donnait, au-delà de la ruelle dite "Vieille Rue", sur le clocher de l’église, au sommet duquel pivotait sans relâche le coq* chargé d’indiquer la direction du vent donc l’évolution probable du temps. C’était notre "service météo". Au début, tout jeune, je me demandais comment et pourquoi ce gallinacé métallique choisissait de se tourner face au souffle de l’air pour le plaisir de nous informer. J’ai parfois imaginé qu’en fixant avec aplomb tel ou tel azimut il incitait bise ou zéphyr à se conformer à cette injonction bénévole.




Double ouverture voûtée du clocher





Par la double ouverture voûtée de "notre face" du clocher, on distinguait une des quatre cloches (les trois autres restant invisibles, muettes et mystérieuses) . Je la voyais se balancer quand elle sonnait. Or, le Vendredi Saint, tout son de cloche disparaissait jusqu’au lendemain, veille de Pâques. On disait alors qu’il ne pouvait y avoir de sonnerie momentanément parce que les cloches s’étaient envolées pour une brève escapade annuelle à Rome. Au début j’y croyais dur comme fer, mais je me demande encore comment je pouvais me persuader de leur absence alors que la seule mise à contribution restait bien visible à sa place. Ce doit être cela que l’on appelle la foi, ce qui m’avait mis la puce à l’oreille, m’amenant à douter de certaines "vérités" prétendues telles du moment qu’on les affirmait très fort.




Raymond POIRIER

Août 2015



                                                                                 à suivre ...



Raymond POIRIER vers 1936






Photos, famille POIRIER : collection Raymond POIRIER
Plan de l'atelier de Georges POIRIER : Dominique RAPION
CPA : collection privée
Photos : YM
Photo de l'intérieur du clocher : Camille SENNAVOINE
Remerciements à Dominique RAPION et à Camille et Michel SENNAVOINE.


Raymond POIRIER : ma "VIEILLE RUE" :




Plan de l'atelier de Georges POIRIER,
Père de Raymond, vers 1940


Façade d'entrée de l'atelier de Georges POIRIER,
dans la "VIEILLE RUE",aujourd'hui





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Cocorico !


*Le coq de son enfance, dont nous parle Raymond POIRIER, un beau jour s’est envolé ! Peut-être voulait il faire une escapade à Rome comme ses colocataires du clocher … les cloches ? Toujours est-il que le coq n’est jamais revenu, amputant le clocher de sa girouette et privant ALLOUE de sa météo locale. Mais, un autre beau jour de l’année 1986, un nouveau coq s’est installé au sommet de l’église, ce nouveau vigile, depuis, sans relâche, comme son prédécesseur, pivote au sommet le plus haut du bourg d’ALLOUE

Georgette n’avait pas manqué de conserver ce morceau de ruban, attaché à la queue du nouveau coq, pour son embauche au plus haut du clocher de Notre-Dame d’ALLOUE. YM





<< Un peu du ruban de la queue du Coq du clocher lors de sa mise en place. Il attendait sur la table du café, remis par le chef de chantier en souvenir de ce jour. Il a longtemps flotté à tous les vents, ce ruban, qu'il a fini par être emporté. >>


Georgette TRILLAUD 1986




16 novembre 2016

ALLOUE EN 1917

Publication du 5 avril 2015




Jules Martin-Buchey est né en 1850 à Châteauneuf-sur-Charente, dans le département de la Charente. Professeur d'histoire, il a enseigné au lycée privé Saint-Paul à Angoulême.

Il est l'auteur de la La géographie historique et communale de la Charente, ouvrage de trois volumes qu'il a écrit entre 1914 et 1917 pendant la Première Guerre mondiale. Cet ouvrage couvre l'histoire et la géographie de la totalité des 426 communes de la Charente d'alors, avec une introduction sur l'histoire et la géographie du département. Cette œuvre reste encore aujourd'hui une référence parmi les communes et les historiens du département.

Jules Martin-Buchey est mort en 1918, à l'âge de 68 ans.






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ALLOUE 
1917
et images d'aujourd'hui

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ALLOUE - La MAIRIE


Cette importante commune, la première du canton, s'étend sur toute sa partie orientale ; elle forme plus du quart de la superficie totale. C'est, du reste, une des plus étendues du département, puisqu'elle vient au quatrième rang, immédiatement après les communes de Saint-Maurice, Brigueil et Champniers.

La population n'est pas en rapport avec cette vaste superficie et l'on n'y compte, comme dans la commune de Saint-Coutant, que vingt-huit habitants par kilomètre carré. Il est vrai que toute la partie orientale de la commune est couverte de landes et de bruyères.

Cette commune diffère assez sensiblement du reste du canton et, par son sol et ses affinités, elle se rattacherait plutôt au Limousin.

Les prairies naturelles y tiennent une place importante et l'élevage du bétail, notamment des bœufs de race limousine, y tient le premier rang.


MASSIGNAC

La Charente, encore bien peu considérable, parcourt la commune, du sud au nord-ouest, dans une étroite vallée encaissée entre de hautes collines. Son affluent, le Transon, prend sa source dans la commune, près du village des Repaires, et suit une vallée parallèle à celle de la Charente. Le haut plateau qui sépare les deux cours d'eau est peu fertile et l'on y rencontre, surtout dans le sud, de nombreuses terres incultes.


L'industrie est à peu près nulle et n'est représentée que par quelques moulins peu importants. La commune d'ALLOUE renferme d'importantes mines de plomb argentifère : mais l'exploitation de ces mines, entreprise à différentes reprises, a toujours dû être abandonnée.


Un important tumulus, connu sous le nom de Tombeau du soldat, se voit près du hameau des Repaires.

La petite ligne d'intérêt local d'Angoulême à Confolens possède une station près du bourg d'ALLOUE, qui est également desservi par la route de Confolens à Champagne-Mouton (route départementale n° 7 de Confolens à Melle). Cette route traverse toute la commune du sud-ouest au nord-est. Deux chemins d'intérêt commun unissent le bourg d'ALLOUE à Ambernac et à Epenède. Un autre chemin se détache de la route de Champagne-Mouton et se dirige vers Benest
Ce réseau routier est complété par plusieurs chemins vicinaux ordinaires. 


Le bourg d'ALLOUE (220 hab.), à dix kilomètres nord-est de Champagne-Mouton et treize kilomètres de Confolens, est construit près de la Charente, sur la route de Champagne-Mouton à Confolens.

Il possède un bureau de poste et une étude de notaire. Les foires, qui s'y tiennent le 23 de chaque mois, sont importantes, principalement pour le commerce des porcs gras. Les plus anciens registres paroissiaux conservés à ALLOUE remontent à l'année 1618.

ALLOUE était, au Moyen Age, un prieuré fondé au huitième siècle par les moines bénédictins de Charroux. Le prieur était seigneur temporel avec tous droits de châtellenie.

L'église d'ALLOUE est un petit bijou de l'époque romane ; elle date du treizième siècle et peut être considérée comme l'avant garde de ces admirables édifices romans qui couvrent l'Angoumois.





Elle est d'une seule nef avec abside hémicirculaire et tour carrée.

Le portail, d'un cintre très pur, rompt avec l'austère simplicité des temples des environs d'Angoulême ; c'est une profusion d'ornements, dont l'ensemble est vraiment remarquable.

Dans l'église on peut voir une Vierge à l'enfant, petite peinture du dix-huitième siècle, encadrée dans un beau morceau de cuir de Cordoue.

A trois cents mètres du bourg, dans les prairies de la Charente, se dresse le curieux petit château de l'Age de Volute, de la deuxième moitié du quinzième siècle, qui fut possédé successivement par les familles Green de Saint-Marsault, de Laage et de Verdilhac.





En remontant le cours de la Charente on rencontre encore les châteaux de la Vergne et de Massignac.

La Vergne appartenait, au seizième siècle, à la famille Guiot, famille remarquable dont un membre, le général Guiot du Repaire, fut un des bons généraux de l'époque révolutionnaire.

Le château de Massignac, dont les tours dominent le cours de la Charente, appartenait, au quinzième siècle, à la famille Tizon, qui le porta par mariage à la famille Regnauld. Il devint ensuite la propriéte de la famille Guiot.





La commune d'ALLOUE renferme plus de soixante-dix hameaux parmi lesquels nous citerons : Lasfond (65 hab.) et les Bréchevaux (44 hab.), sur la route de Confolens; les Repaires (39 hab.), près de la source du Transon ; la Châtre (31 hab.) et Villemier (25 hab.), dans le sud de la commune ; Beaumont (30 hab.), où l'on trouve des traces d'ancienne exploitation des mines ; Fontbeau (29 hab.) et Chaunat (16 hab.), dans le nord de la commune; Chez-Thory (27 hab.), sur la route d'Epenède; Chez-Pasquet (26 hab.), au nord du bourg; les Landes (24 hab.), près de la route d'Ambernac ; le Breuil (22 hab.), près de la Charente ; Chez-Malivert (21 hab.); l'Houmède (17 hab.), etc. etc.










Photos : YM
Sources : Géographie historique et communale de la CHARENTE tome 3e - 
arrondissements de CONFOLENS - RUFFEC -













BULLETIN MUNICIPAL N°1 ANNÉE 1989 (Publication 1990) :

http://alloueblogspotcom.blogspot.fr/p/bulletin-municipale-n1-annee-1989.html


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